Ballade Champenoise

A chacun son martyr Reims possède le sien en la personne de Saint Nicaise, évêque de la ville décapité par les Vandales au 5eme siécle parce qu’il ‘opposait au pillage de cathédrale.

 

Sur les terres de Cocarius, c’est à dire Cuchery aujourd’hui, on sait aussi faire devoir de mémoire, honorer celui qui a dit non : l’abbé Miroy.

Nous sommes alors en 1871. La France est en pleine déconfiture et l’aigle impérial a du plomb dans l’aile. Les Prussiens sont partout, ils occupent la région et installent leur quartier général à Reims.

le gisant de l'abbe Miroy

le gisant de l’abbe Miroy

Actuellement il est au Musée des beaux-arts de Reims  pour éviter la destruction et le vol 

Après la défaite militaire et sous le joug d’une occupation humiliante, nombre de Marnais tentent de résister, d’harceler les casques à pointe. C’est ainsi que dans chaque village ou presque de petits groupes s’organisent, récupèrent les quelques armes encore restantes, défient l’autorité des hommes de Bismarck. Cuchery ne fait pas exception.

Quelques gamins du village ont réussi, dieu sait comment, à récupérer de vieux fusils et les ont cachés dans le presbytère. Problème toutefois, l’occupant a été prévenu. Comment ? Par qui ? Personne ne sait et l’on cherche encore. En tout cas, le fait est que les armes sont retrouvées au cours d’une perquisition et que l’abbé Miroy, curé de Cuchery, est mis aux fers…

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Cimetiére Nord de REIMS

Il est accusé d’être l’organisateur de la résistance dans les environs, du moins de protéger ses partisans. Emmené à Reims, il est emprisonné en attendant son jugement. Dans la Cité des Sacres, l’émoi est général. Dans une société très pieuse, enfermer un curé n’est pas du meilleur goût.

Les représentants de la ville vont donc quérir audience auprès du gouverneur prussien afin de connaître ses intentions quant à l’avenir de l’abbé Miroy. Ils en ressortent rassurés, puisque promesse leur est faite qu’il sera envoyé en détention à Magdeburg pour en revenir très rapidement. Mais voilà, dès le lendemain au matin, l’abbé Miroy est adossé à un mur au fond du cimetière du Nord à Reims.

Douze coups de feu résonnent et le corps sans vie du prêtre s’effondre. Une exécution particulièrement cruelle puisque ce sont des soldats catholiques qui ont été spécialement choisis pour la sombre besogne. L’anecdote voulant même qu’ils lui aient demandé pardon avant de presser sur la détente.

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Fusillé pour l’exemple ! Voilà comment on traite les renégats.

Fusillé parce qu’il était prêtre dans une armée tiraillée en son sein par de vieilles haines, catholique protestant. La dépouille de l’abbé Miroy fut sortie de la fosse commune et inhumé avec tous les égards.

Histoire que le souvenir du martyr de Cuchery reste vivace dans tous les esprits.

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