Je hais mes jours et ma vie dolente, Et si maudis l’heure que je fus né, et à la mort humblement me présente .

 

Je hais mes jours et ma vië dolente,
Et si maudis l’heure que je fus né,
Et à la mort humblement me présente
Pour les tourments dont je suis fortuné.
Je hais ma conception
Et si maudis la constellation
Où Fortune me fit naître premier,
Quand je me vois de tous maux parsonnier.

Car pauvreté chacun jour me tourmente :
Par son fait suis haï-z et diffamé ;
Chacun me fuit, ne nul ne me parente,
Les riches vois trop bien emparentés ;
Ceux ont indignation
De moi vëoir, de qui création
Je suis extrait, si suis plus bas que biers,
Quand je me vois de tous maux parsonnier.

Hélas ! il n’est nul, tant sage se sente,
Si riche n’est, qui jà soit honoré.
Mais d’un homme à trois cents livres de rente,
Tant soit cocart, chacun sera paré
En dissimulation
De lui faire grand inclination.
Or suis pauvre, je vi à grand danger
Quand je me vois de tous maux parsonnier.

 

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