Pâles et verts, longue tête et cocue,
Yeux de perdrix et nez de chat-huant,
Groin de pourcel, long cou comme une grue.
Bossus derrière et enfossés devant,
Ventre à soufflet, cuisses de coqmarant,
Hanches de bœuf et jambes de héron,
Cul d’étourneau, gros genoux d’oliphant :
Qui onques vit corps de telle façon ?

Uns longs pieds plats qui ont ognons en mue,
Grands chevilles qui se vont atteignant,
Mule ès talons avez parmi la rue,
De lâcheté vont vos membres tremblant,
À votre aller en faites bien semblant,
Et vos deux bras semblent être bâton,
Ongles de chien, longue main et méchant :
Qui onques vit corps de telle façon ?

Bien ressemblez une coquesagüe,
Barbe n’avez, et si dient auquant
Que vous avez la crête si aigüe
Qu’en vos fourneaux n’a marteau ni sonnant ;
Vous vous tuez, comm’ fait le pélican,
À votre bec de boire, ce dit-on,
Et de manger à guise de gourmant :
Qui onques vit corps de telle façon ?

 

 

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