Ballade Champenoise

Brouillet

C’est un petit village un peu perdu, à la fois proche et éloigné des grands axes !  un village à part. Brouillet, lové au coeur des collines de la vallée de l’Ardre vit au rythme du raisin, des vendanges et des bulles. Les gens y sont secrets, mais somme toute accueillants.

brouillet

Comme on dit, c’est un village qui se mérite : il faut le trouver mais une fois sur place on ne le regrette pas. La lumière est tellement particulière. Elle semble s’accrocher à la pierre jaune des maisons. Magnifique…

Alors à priori comme ça, on pourrait penser qu’à Brouillet il ne s’est pas passé grand chose. Et pourtant à se pencher sur le passée du village, on risque fort de tomber dans les arcanes de l’histoire de France. Parce que du beau monde il en est passé à Brouillet !

Tout commence en 480 et des brouettes. A cette époque Clovis et ses guerriers francs musardent dans la région. L’un de ses lieutenants, sans doute fatigué par tant de combats et de violence décide de poser ses valises. Il choisit de s’installer dans une petite clairière : broglio puis Brouillet. De cette première demeure un village s’étend. La terre étant excellente, les gens y vivent correctement un peu mieux qu’ailleurs sans doute. Les époques, les saisons se succèdent alors sans grand changement.

C’est au 15ème siècle que la vie va changer à Brouillet. En 1446 Charles VII, roi de France décide de récompenser deux de ses meilleurs chevaliers : Jean et Nicolas Möet. Les deux gaillards ont été de tous les combats, de toutes les campagnes derrière le dauphin et l’étendard de Jeanne. Alors Charles reconnaissant leur octroie un fief celui de Brouillet. Eux aussi déposent les armes, eux aussi se transforment en seigneur fermier.

Il font construire un domaine à la champenoise «la Boverie». Leur réussite et leur prestige les font vite rentrer dans la haute société de la région. Ils font de bons mariages, leur descendance est multiple. Outre la branche qui donnera plus tard naissance à la grande maison de champagne Möet, on les retrouve également dans l’arbre généalogique de Saint Jean-Bastiste de la Salle. Oui le Saint homme est venu souvent dans son enfance à Brouillet.

A la campagne, auprès des vaches. Après bien sur son destin l’en éloigna beaucoup. En fondant les écoles chrétiennes, c’est-à-dire les premières écoles pour enfants, les premiers centres de formation continue, ouverts aux tout-puissants ou aux misérables, Saint Jean-Batiste n’est plus beaucoup revenu au village.

Mais son prestige rejaillit même encore maintenant sur Brouillet. Ses adeptes sont nombreux à venir marcher sur ses pas dans la vallée de l’Ardre.

Eh quand même, Brouillet petit village mais grands hommes ! Y a de la vedette ! Un compagnon de Clovis, deux chevaliers de Charles VII et le Saint homme.

Ils ne sont peut-être pas nombreux dans la petite clairière au milieu des vignes, mais en tout cas on en parle.

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