Ballade Champenoise

Chaudefontaine

Pas d’histoire sur le nom de Chaudefontaine, pas de source chaude ou d’improbable établissement thermal, rien ou du moins on en n’a jamais trouvé. Non ! Ici c’est sans doute un certain Calidius qui donna son nom à une source, à une fontaine.
Pour autant la rumeur populaire se moque complètement de tout cela et elle a raison. Calidius a beau avoir donné son nom à la commune, ce n’est pas lui que la postérité retiendra. À Chaudefontaine, c’est le comte de Dampierre qui a marqué les mémoires. Un comte qui laissera le souvenir d’un homme acariâtre, imbu de sa personne, hautain, procédurier.
Alors pour comprendre l’engouement qu’il suscite malgré toutes « ses qualités », retour dans le temps. Juin 1791, cette année-à, le roi s’enfuit. Pour son salut, fuir vers l’Est. Petit problème toutefois: lors d’une halte, Louis XVI est reconnu. Arrêté, on le place sous bonne garde avant de lui indiquer gentiment le chemin du retour.
Ayant eu vent de l’affaire, Monsieur le Comte de Dampierre, baron de Hans et seigneur d’une bonne partie de l’Argonne, en fervent royaliste, respectueux de l’étiquette, décide d’aller présenter ses civilités au souverain. Il profite pour cela d’une halte faite par l’équipage à Sainte Ménehould. Il ne verra jamais son souverain. Après s’être fait repousser plusieurs fois par l’escorte du roi, il fut pris dans une embuscade, sur le territoire de Chaudefontaine. Une emb
uscade menée par une poignée d’habitants revanchards de La Neuville au Pont.
Ayant amassé les rancunes avec le temps, il se fait littéralement massacrer. Sa dépouille est laissée aux chiens. Choqués par ce crime même s’ils ne le portaient pas non plus dans leur coeur, les habitants de Chaudefontaine décident d’enterrer le comte. Quelques années plus tard, sa veuve reconnaissante fait alors don à la commune d’un petit lopin de terre. Territoire qu’elle pourra exploiter comme bon lui semble. Et c’est ce qu’elle fit durant plus de deux siècles. Mais, dans les années 80-90, un descendant du baron de Hans comte de Dampierre se met subitement à vouloir récupérer le petit champ. Argant qu’aucun texte, qu’aucun écrit ne justifie ce don, il attaque Chaudefontaine en justice. Procès, appel puis cassation, l’affaire va très loin.
Résultat, la commune conserve le pré.

Un pré d’à peine un hectare, mais un pré, legs de l’histoire, acte de dignité des habitants du village.

Le comte de Dampierre lui-même ne l’aurait peut-être pas remis en cause.

 

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