Conflans : interprétation latine de confluent. Confluent de la Seine et de l’Aube, ici , à en croire les textes du VIe siècle.
Petits soucis, toutefois, ces nouvelles- là ne sont plus très fraîches. La preuve : il y a belle lurette que Seine et Aube ne se confondent plus à Conflans mais à Marcilly plus à l’Est. Et oui, les confluents c’est comme l’amour, ça va, ça vient ! Étrange quand même, vous avouerez ! Pour autant, ce n’est pas ce qui tracasse, qui fait le plus causer au village. Non ! Depuis le VIe siècle, de l’eau est passée sous les ponts, du moins sous le pont de Conflans, celui sur la Seine.
En revanche, ce qui est encore bien présent dans l’esprit des habitants, c’est cette saleté d’année 1870. L’Empire, le second tombe à Sedan. Bismarck et ses casques à pointes se répandent dans les campagnes.
Un petit contingent de Prussiens se trouve cantonné dans les environs de Conflans sur Seine. Armée en mouvement, les vivres, les ressources, ils les prennent chez les vaincus, chez l’habitant. Saignés par les guerres de Napoléon et maintenant saignés par les envahisseurs, les villageois n’en peuvent plus, sont à bout de souffle.
Alors quand le bataillon réquisitionne le troupeau de moutons communaux, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. C’en est trop ! Les hommes de la commune, armes en mains, décident de partir à la reconquête de leurs biens. Ils rattrapent le détachement. 160 Prussiens contre une poignée de villageois mal équipés.
Pour autant les militaires n’auront pas le dessus. Leurs pertes sont importantes et surtout leur capitaine s’écroule, blessé. Retraite ! Les soldats détalent laissant les moutons derrière eux. Direction Marcilly sur Seine. Le capitaine doit être soigné. Quatre à quatre la route est avalée, le capitaine couché, ses hommes sous le choc. Les villageois ne se sont pas arrêtés là. Profitant de l’affolement des Teutons, ils les ont suivi, se sont introduits dans la chambre et d’un geste vengeur, ont tiré sur l’officier.
Résistance aveugle, aux conséquences tragiques. Quelques jours plus tard, les Prussiens reviennent en nombre et brûlent entièrement le village.
Aujourd’hui encore on retrouve de vieilles poutres calcinées dans certaines maisons. 1870, voilà ce qui a marqué les habitants bien plus qu’un improbable confluent jouant à sautemouton.

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