Ballade Champenoise

Courmelois

Premier nom connu pour Courmelois : « villa que nomine colmoleta », c’est-à-dire la maison, la ferme oû se trouve un ensemble de colonnes. Des colonnes de qui, de quoi ?

 

Sans doute celles du péristyle d’un temple gallo-romain voire antérieur.

On sait par exemple que les Gaulois affectionnaient particulièrement les marais et le fait est que Courmelois se trouve dans un marais. Si l’on connaît avec certitude la première appellation du village, c’est tout simplement parce qu’on a pu le lire quelque part dans un texte.

Un écrit datant de 948, rédigé par Flodoard. Ce nom ne vous dit probablement rien, mais sachez que le brave homme était chroniqueur, poète et que ses travaux servent encore (y compris dans cette chronique) à chaque fois qu’il est question du 10ème siècle dans la région. (Une rue à Reims porte d’ailleurs son nom, elle est perpendiculaire à la rue Jean-Jaurès).

Bref pour qui souhaite faire des recherches, pour qui s’intéresse à l’histoire du département, Flodoard fait référence. Alors pourquoi et dans quel contexte le nom primitif de Courmelois apparaît ? Il apparaît dans le récit d’une « expédition » faite par une habitante de « villa que nomine colmoleta » à Saint-Thierry. En effet la brave femme souffrait d’une horrible rage de dents.

Et autant dire qu’à cette époque on préférait encore être brûlé vif que d’aller chez le dentiste (ou plutôt l’arracheur de dents qui en faisait office). C’étaient les forgerons ou les maréchaux-ferrants qui officiaient aux soins dentaires. Imaginez la délicatesse ! Du coup la pauvrette n’avait plus que sa foi pour la soulager.

Elle prit sur elle quand même d’aller à Saint-Thierry voir si les moines de l’abbaye pouvaient faire quelque chose pour cette vilaine rage. Audinge, c’était son prénom, aurait fait n’importe quoi pour être soulagée. Et effectivement elle a dû faire n’importe quoi. Les moines l’ont obligée a passer toute une nuit dans une chapelle avec un simple linge de lin sur le dos. De se purifier à grand baquet d’eau bénite.

Et comble de tout, se frotter la dent douloureuse avec les restes d’un martyr chrétien dont le sarcophage avait été épargné par les invasions. Alors pour résumer elle aurait pu attraper une pneumonie sur la dalle glaciale de l’église, se noyer et je ne vous parle même pas du reste.

Par contre, l’histoire ne dit pas dans quel état notre Audinge est rentrée chez elle. Ni même si le remède des moines a marché.

En tout cas cette anecdote nous apprend deux choses : d’abord le nom de Courmelois, ensuite qu’en cas de rage de dents il ne faut jamais s’en remettre à des moines.

 

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