Ballade Champenoise

La plaine champenoise, ici, on sait ce que c’est, on a les deux pieds dedans ; petit village au coeur de la fameuse champagne pouilleuse

Pouilleuse, du pouillon, sorte de thym malingre, seul végétal capable de s’accommoder du sol d’ici. A la fois pingre en matières organique et riche en calcaire, craie oblige, il n’a fait la richesse de personne, ni des plantes, ni des hommes. Seul le mouton, animal de constitution robuste, pouvait résister à ce « désert champenois ».

Le désert champenois, une appellation en forme de raccourci qui illustre, toutefois, une certaine façon de vivre de nos anciens. Les cartes nous le montrent encore aujourd’hui ! Tous les villages ou presque se trouvent sur les rives d’un cours d’eau ou à sa source, en dehors point de salut. Comme en montagne, les villages de chez nous suivent des vallées.

Comme dans les « vrais déserts » le moindre point d’eau concentre la population. Ici à Cuperly, l’eau se nomme la Noblette. Une rivière qui prend sa source, un peu plus haut, près du tumulus funéraire de Saint Remy sur Bussy. Avant de terminer sa course 15 km plus loin dans les eaux de la Vesle, elle arrose donc, entre autres, Cuperly. Un passage ici peut-être encore plus marquant que pour les autres communes.

En effet, en plus de fendre en deux la plaine crayeuse, en plus d’enrichir la terre de limon, ici c’est la Noblette qui inspira indirectement le nom du village.

Cuperly du latin Campertus Lidus , ce qui signifie à peu de chose près le ruisseau du creux. A l’origine, pourtant, le cours d’eau ne portait pas le même nom, on parlait de Bussy.

Bussy rebaptisé Noblette au 18ème siècle sous l’influence de quelques historiens châlonnais. Historiens qui croyaient voir en Cuperly et sa plaine, les fameux champs Catalauniques, théâtre de la défaite d’Attila.

La Bussy étant alors la fameuse rivière de légende rougie du sang des nobles combattants (d’où « la Noblette »). Hypothèse lyrique ! Mais nos historiens se sont trompés, on le sait depuis : les champs catalauniques sont plus au sud et la Bussy n’aurait jamais dû changer de nom.

Pourtant, ici, à Cuperly on s’en moque. Qu’importe le nom ! Ce qui est important, c’est que l’eau coule, l’eau du ruisseau du creux.

 

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