Ballade Champenoise

Dampierre le Château

Un peu au nord de Châlons en Champagne entre craie et Argonne, il y a un village. Une petite bourgade de rien du tout, une centaine d’habitants tout au plus.

Son nom : Dampierre le Château.

Dampierre, de Dominus Petrus : Saint Pierre et Château, comme désigné…

 

Sauf que, à Dampierre, le château, vous pourrez toujours le chercher. Il n’y en a pas, du moins il n’y en a plus. Et quand on regarde un peu les quelques archives de la commune, à l’origine le château n’était même pas dans le nom du village. En effet, durant une très longue période avant l’an mil approximativement jusqu’au XVIème siècle, Dampierre était suivi par la mention : en Astenois.

L’Astenois était un comté aux délimitations vagues. Aujourd’hui on ne sait plus trop où le placer sur la carte. Si ce n’est que de nos jours, il serait à cheval sur les arrondissements de Sainte Ménehould, Vitry le François et Bar le Duc. Bref une région assez importante.

Et il se trouve que Dampierre aurait été le siège du comté d’Astenoy. Une sorte de capitale, quoi. Ça fait drôle maintenant, quand on voit le village. Mais le fait est que sur toute cette région planait l’ombre imposante du château de Dampierre.

Eh oui ! parce que château il y a eu. Un immense château, 25 à 30 mètres de haut, tout en bois et perché sur une butte, aussi spectaculaire que rare au coeur de la plaine champenoise. Une sorte de nid d’aigle depuis lequel régnait Frédéric 1er, seigneur d’Astenoy.

Sa descendance fut nombreuse et surtout très attachée à son comté. Il faut dire que les places fortes y étaient nombreuses, la terre bonne, les gens travailleurs. Oh ! bien sûr il y eut les affres de l’histoire. Comme par exemple l’épopée de Renard 2, comte d’Astenoy au début du XIIIème siècle. 1198 : Innocent III prêche la IVème croisade. Renard en fera partie.

C’est un fiasco, non seulement la Terre sainte n’est pas libérée, mais les croisés n’y arriveront jamais. Ils feront demi-tour après l’occupation de Constantinople et la révolte de ses habitants. Renard y est même fait prisonnier.

Et ce pendant 30 ans ! Il y a de quoi se lasser. Pourtant il tint bon et finit par être libéré. Mais voilà de retour chez lui, sa femme le croyant mort, était sur le point de se remarier et son fils était en train de liquider ses biens.

Bref tout partait à vau-l’eau. Après 30 ans de prison, Renard a eu un coup de folie : la légende voudrait qu’il ait mis lui même le feu à sa forteresse.

C’en était fini de l’Astenoy. Adieu château ! Il n’en restera trace que dans le nom du village.

 

 

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