Ballade Champenoise

Début du XXieme siécle : Epernay s »est considérablement agrandit

A partir de 1898, de nombreuses constructions et d »ouvertures de voie nouvelles vont venir bouleverser les limites d »Epernay…

Au Nord, de nouvelles constructions voient le jour entre le pont de chemin de fer et la route de Cumiéres et forme comme un petit hameau. Beaucoup de constructions nouvelles également dans le secteur avoisinant la sucrerie, au delà des ateliers du chemin de fer qui, eux-mêmes se sont déjà fortement développés…

epernay-remparts

A partir de 1898, de nombreuses constructions et d’ouvertures de voie nouvelles vont venir bouleverser les limites d’Épernay…

Au Nord, de nouvelles constructions voient le jour entre le pont de chemin de fer et la route de Cumières et forme comme un petit hameau. Beaucoup de constructions nouvelles également dans le secteur avoisinant la sucrerie, au delà des ateliers du chemin de fer qui, eux-mêmes se sont déjà fortement développés…

Toujours au Nord, mais vers la Poterne, le Passage Prioux et un autre passage (qui plus tard deviendra rue de l »Indépendant) sont ouverts par Monsieur Prioux, propriétaire des terrains. Une imprimerie y est construite, et devient le siège du journal «l »Indépendant de la Marne et de la Moselle» transféré à Épernay vers 1871… La rue du Château, qui n »était jusqu »à lors une impasse est ouverte. Des constructions nouvelles s »élèvent dans les jardins de l »impasse Abelè…. En amont du pont de Marne,sur la rive gauche, des maisons d »habitations sont construites. Un embranchement permet de rejoindre la rue du pont (aujourd »hui rue de Verdun)… Les boulevards de la Motte et Perrier qui étaient pratiquement nus, sont en début du XXème siècle, tous deux garnis de nouvelles maisons d »Habitation.

\r\n

A l »est des constructions se sont élevées, d »abord sur le coté gauche de la rue de Commerce, (Avenue de Champagne) en commençant par des maisons, celliers et caves jusqu »au Château Pékin, puis huit à dix très jolies demeures furent construites par des négociants en champagne. Du coté droit en montant, un petit hameau s »est formé en vis-à-vis de la Brasserie Mosser, située à droite de la route de Chouilly. En deçà, près de l »ancien chemin qui est devenu la rue Godard-Roger, est construite en 1898, une très belle maison appartenant à Monsieur Roger-Mérendet. Plus loin, toujours sur la droite, de la rue du Commerce, de très belles maisons et caves… La rue Croix de Bussy, puis la rue Henri-le-Large sont ouvertes avec le bel établissement des frères Roger… . Un peu plus loin, sont successivement ouvertes, la rue du Moulin à vent, puis la rue des Jancelins et la rue des Archers. Ensuite s »y ajouteront très vite, la rue Jean-Thévenin, voie privée reliant la rue Lochet à la rue du Donjon, ouverte par le propriétaire du même nom qui est alors Conseiller municipal, la rue des Huguenots, la rue Saint-Victor, et toutes les rues de la Cité Jamot…

Au Sud, des constructions et rues nouvelles ont beaucoup agrandis la ville. Les rues du Donjon et des Huguenots ont été prolongées pour rejoindre la rue des Hauts-Pavés (Aujourd »hui rue de l »Hôpital Auban-Moët) et des constructions se sont élevées jusqu »à devant l »Hôpital (inauguré en 1895), où une belle avenue plantée d »arbres conduit jusqu »à la caserne de cavalerie terminée et occupée dès 1896.. Devant la magnifique chapelle de l »hôpital, la rue Paul Bert, qui n »était qu »un chemin tortueux et impraticable l »hiver, à été aménagée en une belle avenue de 16 mètres de large, plantée d »arbres. La rue du Moulin du Roy, devenue rue Frédéric Plomb, qui était isolée et comme perdue en 1866, a été redressée, élargie et continuée jusqu »à l »Avenue Paul Bert et de nombreuses constructions s »y sont élevées. Passant du coté gauche du Cubry et revenant vers la rue des Petits-Près, nous trouvons désormais la rue du Commandant Pothier, déjà remplie d »habitations ; l »Avenue Paul Chandon, ouverte seulement en partie au Sud, près et en vis-à-vis de l »église Saint-Pierre Saint-Paul et qu »il est prévu de continuer jusqu »à la rue saint-Thibault ; la Chaussée de Grandpierre, où l »on a déjà bâti quatre maisons, puis ouvert la belle rue de Granpierre (rue du maréchal Foch) entièrement couverte de maisons de la rue de Sézanne jusqu »au territoire de Pierry…

Enfin à l »Ouest, les agrandissements de la ville sont également considérables. Plusieurs rues ont été ouvertes ou réaménagées : la rue de Champrot, la rue Haie-Leleu,, la rue des gouttes d »or, la rue de sièges, celles du Rocheret et Champ-Reton, la rue Chaude-Ruelle, de vignolles… , bien souvent reliées par des ruelles ou des chemins…dont la nouvelle limite est le chemin de Ceinture aménagé de La voie aux vaches à Saint Antoine. Et bien sûr, elles se sont peu à peu couvertes de constructions diverses et d »habitations…

Si bien que la population suivant cette évolution est passée de 11.700 en 1866 à plus de 20.000 au début du XXème siècle et forme avec les hameaux de Magenta et de la Villa qui lui sont contigus, bien que ne lui appartenant pas, une agglomération de près de 24.000 âmes,,,

Désormais, la ville possède un Tribunal civil et un Tribunal de commerce. Il y existe une chambre de notaires unique pour Reims et Épernay. On trouve aussi à Épernay : trois notaires, trois avocats, cinq avoués, quatre huissiers, deux syndics, huit médecins, huit pharmaciens, huit architectes, deux médecins-vétérinaires, deux chirurgiens-dentistes.

Rue Jean Moët un bureau de poste est implanté qui peut correspondre avec Paris, Reims, Châlons et les principales villes de l »arrondissement.

La ville compte en outre, Une Recette des Finances et Perception des Contributions Directes ; une Sous-Direction des Contributions Indirectes ; des succursales de la Banque de France, de la Société Générale, du Crédit Lyonnais ; une Caisse d »Epargne . Ajoutons à cela, un Receveur municipal et un Receveur de l »Hospice et du Bureau de Bienfaisance. Un Conservateur des Hypothèques ; deux Receveurs de l »Enregistrement et des Domaines ; deux Contrôleurs des Contributions Directes et bien d »autres organismes officiels et d »Etablissements d »Enseignement et d »écoles…

Enfin, La Ville est divisée en deux Paroisses. Et possède cinq Journaux périodiques et quatre foires s »y tiennent. Elle compte de nombreuses associations et sociétés diverses dont plusieurs ontdes buts patriotiques et musicaux.

Outre la grande industrie et le commerce du Champagne qui expédie chaque année huit à neuf millions de bouteilles, il s »y est implantés des fabriques de bouchons, de caisses, de pupitres et d’agrafes et d »autres encore toutes liées au champagne.

On y trouve également des fabriques de casquettes et chapeaux, de bougies, de corsets, de brosses, d »eaux gazeuses, de liqueurs, de mesures métriques, de tamis, d »articles de chasse, de corderie, de sellerie, de serrurerie, de monuments funèbres, de teinturerie, Auquels il faut ajoutert une tannerie, une sucrerie, une brosserie, des scieries à vapeur, des distilleries, des confiseries, une fonderie de suif, etc…

On y trouve encore Six imprimeries, quatre lithographies, quatre meuneries à eau et à vapeur, un établissement d’hydrothérapie et trois établissements de bains.

Telle était l »évolution de notre ville dans la deuxième partie du XIX ème et début du XX ème siècle. Une ville sérieusement agrandie et particulièrement active. Mais malheureusement la grande guerre de 1914-1918 va venir de nouveau bouleverser cette belle organisation…

 

© Marcel Malette

Laisser un Commentaire

commentaires

Laisser un commentaire