Ballade Champenoise

Aujourd’hui Escardes est un petit village, un peu perdu, dans l’arriére pays sézannais. Entouré par les cultures, sans commerce, les gens vieillissent, les jeunes préférent partir pour la ville. Le Formica et le ciné, comme dirait le poête. Escardes s’étiole peu à peu donc, comme beaucoup d’autres.

 

Pourtant, par le passé c’était un village, une ville même, très importante dans les environs. Jusqu’au 19ème, on y recensait pas moins de 1 000 habitants.

Au regard des 70 actuels, on peut parler de grandeur et décadence. Les archives font même mention d’un château, d’une imposante forteresse avec pont-levis, tour, créneaux et meurtrières. Mais aujourd’hui : plus rien, pas le moindre mur en ruine. Alors que s’est- il passé ? Comment plus de 900 habitants et un gros château peuvent disparaître en aussi peu de temps ? Ils ne se sont pas envolés, tout de même !!!

Quoique. Au village, on prétend qu’en 1800 et des bananes, Escades aurait été pris dans une tempête de tous les diables. Les habitants parlent d’ouragan, de tornade de trombes d’eau. Bref d’un spectacle apocalyptique. Les bois, les forêts, les champs ont été dévastés. La force du vent était telle que les pierres du château se seraient déchaussées des remparts, auraient quitté le sol pour tournoyer en l’air comme des fétus de paille. Seul rescapée de cette catastrophe : l’église.

La belle église d’Escardes du 13ème avec son plafond typiquement roman. Ce qui fait dire aux habitants, que le jour du jugement, la fureur céleste sait reconnaître les siens. Vous avouerez que cette histoire de tempête est un petit peu grosse pour un aussi petit village.

D’autres sources prétendent, elles, que le château du village aurait été détruit par un dragon. Oui ! Tout simplement par un dragon qui souhaitait prendre quelque repos dans les environs. Pour les tenants de cette hypothèse pour le moins farfelue, la preuve se trouverait dans le nom même du village : Escades du francisque skarda, c’est-à-dire écaille entaillée. Le dragon ayant sans doute perdu l’une des siennes durant les combats.

Voilà autre chose !

Ne manquent plus que la belle au bois dormant, le chevalier blanc et les fées. Non ! Escades tirerait, plus vraisemblablement, son nom de scartus, lui même déformation latine d’un mot signifiant mont élevé. Le village se trouvant au pied du point culminant du canton.

Bref, pour résumer on ne sait toujours pas où est passé et comment a disparu le château. Tempête ou dragon c’est à vous de voir.

Le fait est qu’une tornade n’est jamais impossible, mais qu’il est aussi agréable de penser qu’un dragon s’y serait arrêté, endormi, il aurait ainsi formé la petite colline…

 

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