Ballade Champenoise

Faux-Fresnay

Deux hameaux pour deux arbres mais une seule et même commune. Faux-Fresnay,respectivement le domaine des hêtres et celui des frénes, n’est pas un village comme les autres.

 

Alors que pour la plupart des communes à nom composé, l’identité actuelle, est le fruit d’une union récente dans l’histoire. Montmort-Lucy, par exemple. Ici à Faux-Fresnay nul besoin de loi, de tragédie ou encore de problème d’adduction d’eau pour partager le même sort.

De mémoire d’archives rien, et ce depuis les temps féodaux, n’a pu distinguer le destin des deux hameaux. Tout d’abord ils étaient sous la domination du même seigneur. L’église égallement était commune. Du XIIème siècle, en craie, elle aurait été construite sur les lieux d’un ancien lieu de dévotion celte. Pas de rivalité entre les deux écarts. Bref Faux- Fresnay même combat.

Celui du quotidien. Celui d’une vie âpre et dure au mal. L’élevage et l’agriculture ne suffisaient pas à nourrir son homme alors pour boucler les fins de mois, on s’est mis au textile. C’est au son des clacs du métier à tisser familial que l’on vivait à Faux Fresnay. Dans chaque maison, les hommes tissaient et les femmes cousaient. Bien plus qu’un métier, un savoir-faire, une mentalité même. Une mentalité d’ouvrier chez les paysans. Faux Fresnay les rouges. La commune a toujours été réputée pour son côté contestataire, voire un tantinet anticlérical.

Au début du siècle par exemple, la commune était en guerre permanente avec son curé. Du genre dom Camillo, Pepone. Une petite guéguerre qui prit des allures de tragédie architecturale. 1905, 1910, l’église est en péril. La toiture part en sucette, certaines parties des fondations se font la malle. Bref ce n’est pas brillant… Monsieur le curé a beau tirer la sonnette d’alarme et réclamer des fonds auprès du conseil municipal. On laisse traîner les choses. Si bien que pour sauver ce qui peut l’être encore, les remèdes sont pour le moins brutaux. On étête le clocher, on rase l’abside et les deux transepts.

L’histoire ne dit pas si c’est par manque de moyen ou par anticléricalisme aiguë que la commune a ainsi amputé son lieu saint. Le fait est qu’il a l’air un peu tronqué et que son fameux retable du XVIème a disparu.

On ne se laisse pas faire à Faux-Fresnay. Les deux hameaux ou nom d’arbres. Les deux hameaux séparés par 1km et ½, unis force du symbole par la mairie située exactement entre les deux.

 

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