Ballade Champenoise

L’écrivain HUGUE DELORME

Georges Thiébost dit HUGUE DELORME

 

Georges Thiébost dit HUGUE DELORME

Né le 10 avril 1868 à Avize, Georges Thiebost, apparenté à Bonville et à Glatigny était poète et auteur dramatique sous le nom de Hugues Delorme.

En janvier 1908 il écrivait à son ami Battendier

Mon bon & cher ami,
Je suis confus de ne pas avoir encore répondu à ton mot si affectueux. Nous pensions, Renée & moi, aller enfin vous voir. Mais nous avons été très-pris. Je fais répéter à Cluny un vaudeville qui (me) vaudra les foudres de Mendès, mais me rapportera peut-être plus — je l’espère — que 2 actes en vers. — Je vous ferai signe quand ça se jouera ;et l’on prendra rendez-vous pour un soir ensuite. Tu vois comme nous nous gênons !… Je te prie, mon brave ami, de vouloir bien transmettre à Madame Battendier nos meilleurs souhaits et compliments, en gardant une bonne part pour toi. Je te fous l’accolade
Ton très reconnaissant & devoué
Hugues D
5 janvier.08

un article pour le connaitre un peut …

Trés pur et trés sincére poéte ; versificateur impeccable et charmant ,tendre ,galant et talon rouge dans ses et le madrigaux, passionné et sensuel jusque »à la licence en ses odes badines,satirique,frondeur et finement irréverencieux dans ses épigrammes, Hugues Delormes s »exprime en une langue riche et chatiée,et son verbe conserve jalousement l »élégance parfaite,l »aisance et le grand air avec quoi les impertinents de bon ton savent dorer les pilules, qu »on avale le sourire sur les lévres.

Voici en un quatrain son autobiographie:

<< Je naquis vers l »an mil huit cent soixante-neuf.
Je suis employé dans aucun ministére.
Mon vers est sans pudeur;ma vie est sans mystére;
En mon torse éprouvé palpite un coeur tout neuf.>>

Hugues Delorme se défendais d »être chansonnier, et cela pour deux raison : il ignore la musique et chantait faux.Mais s »il ne chantais pas , on le chantais,et je ne connais de lui quantité de couplets pleins de verve mordante et gracieuse dont les rimes ont fleuri tels vaudevilles et revues.
Aprés une assez longue résidence à Rouen en qualité de journaliste,Delorme vint s »instaler à Paris ,ou Bertrand Millanvoye qui s »y entend en poétes, se l »attacha comme pensionnaire.Cinq années consécutives ( de 1896 à 1900)

Le public du carillon et de la Roulotte lui fit fête,applaudissant alternivement et parfois simultanément le poéte,l »auteur dramatique et l »acteur , car Delorme réunit ces trois talent qu »il exerce avec une égale maêstria? c »est lui qui créa le role du président dans << Un client sérieux >> , la désopilante comédie de Georges Courteline ,dans ses propres piéces, il interpréta le vieux faune de <

Si ma mémoire est fidéle,un numméro, de ce journal fut un jour saisi pour avoir inséxé un sonnet érotique que notre poète avait intitulé << Les Aisselles>> et dont le fin libertinage avait eu le don d »effaroucher la pudeur de certain sénateur trop connu. Ce sonnet — que je n »ose reproduire dans la crainte de voir saisir à son tour le présent ouvrage —était conçu dans la note de ce petit poème qui est du même auteur :

PASSIONNÉMENT 

Alternant avec soin nos savantes caresses,
Nous nous sommes aimés cette nuit longuement ;
Mesbaisers ayant su réveiller tes paresses,
Les hésitations n »ont duré qu »un moment.

Ta franchise a vaincu l »épouvantable doute ;
Je t »aime, tu le sais ; je sais que tu me veux.
Pour la première fois tu t »abandonnas toute ;
Puis j »ai rêvé de toi dans l »or de tes cheveux.

J »ai mis de longs baisers sur ta gorge qui tremble.
Enfin je puis chanter la gloire de tes seins,
Dont les sommets fleuris riment si bien ensemble,
Et ta hanche robuste et souple aux purs dessins.

Ma lèvre triomphante eut droit de s »attarder
Aux intimes recoins où la pudeur se cache.
— Je ne fumerai pas aujourd »hui, pour garder
Le parfum de ta chair qui fleure en ma moustache

Les amis d »Hugues Delorme attendent avec impatience qu »il réunisse en volume les poésies qu »il a semées un peu partout. Et je suis de ceux-là ! En dehors des pièces dont j »ai plus haut indiqué les éditeurs, je ne sais de lui en librairie que «  » Quais et Trottoirs «  » avec lithographies de Heidbrinck, un volume imprimé par les Cent Bibliophiles en 1898, et quelques chansons et romances, << Les Chansons en l »air >>, mises en musique par V. Charmettes et éditées par A. Bosc. Je dois dire pourtant qu »on parle de la prochaine
apparition d »un volume de vers :<< Le Poing sur la Hanche >> d »un recueil de contes en prose :<< De la Flûte au Tambour >>, et d »une série de silhouettes contemporaines :<< De Viris Illustribus >>, trois livres qui seront, j »en ai la certitude, un régal pour les curieuses et pour les dilettanti. La place me manque pour donner ici des extraits de toutes ces oeuvres.

Toutefois, après avoir dit — à l »intention de ceux qui ne le connaissent point «  » : qu »Hugues Delorme mesure plus d »un mètre quatre-vingts, qu »il a de longues jambes, de longs bras, un long buste, un long cou, un menton long, un front long qu »allonge encore une calvitie avançant à longs pas, un regard long qui longtemps s »attarde à la contemplation des charmes des jolies Parisiennes ; quand j »aurai rapporté que les crocs de sa moustache en fourche crèvent les yeux de ses interlocuteurs ; que son abord est souriant, sa poignée de main franche et son amitié solide, je me ferai un plaisir de déployer sous les yeux du lecteur ce délicieux triptyque Louis XV :

LA MORT EN DENTELLES

A mon ami d »Esparbès.

I

Madame de Méryan va mourir. Désirant
Entrer au Purgatoire en digne et noble allure,
Elle a fait crêpeler au front sa chevelure.
Des engageantes en dentelle à triple rang

Sortent ses frêles bras d »un laiteux transparent.
Un couple de ramiers s »ébat sur la moulure
Du grand lit clair où l »or brode sa ciselure…
Elle oppose au trépas le dédain conquérant

De ceux qui savent bien lui ravir quelque chose;
Car, hautain, son regard fixe au mur le pastel
Où Liotard le Turc a su rendre immortel

Le bonheur de sa lèvre immuablement rose…
Dans un hoquet discret, madame de Méryan
Sourit à son sourire, et meurt en souriant.

II

Madame de Méryan est morte. Ce n »est plus
Qu »un cadavre fluet que le froid violacé.
L »abbé Griseul (il fut beau comme Lovelace)
Marmonne au pied du lit des rythmes superflus.

Ils se sont adorés à quinze ans révolus ;
Ensemble on les surprit, lui timide, elle lasse,
Ce qui divertit fort parmi la populace
Filles de cabarets et bourgeois goguelus.

Ce souvenir, qu »il veut rejeter en arrière.
Trouble perversement l »abbé dans sa prière.
Sur le pastel il voit les lèvres de jadis ;
Il baisse le regard sous l »éclair des prunelles,
Et, craignant pour tous deux les flammes éternelles,
Mêle un Confiteorà son DeProfundis.

III

Madamede Méryan repose en paix. Sa tombe
Se dresse au fond du parc, proche le boulingrin.
Quatre saules, courbant leur vieux torse chagrin,
S »inclinent, courtisans pleureurs, quand le soir tombe.

La tour du colombier domine, où la colombe
Et le ramier s »en vont se gaver de bon grain.
Du village lointain, la chanson d »un crincrin
Soupire, et rit, et crie, et nasille, et succombe.

Vêtu d »ombre, pensif, monsieur l »abbé Griseul
Auprès du monument vient s »agenouiller seul.
« La marquise, ayant fait son sourire à saint Pierre,

Est au ciel !… » se dit-il. Mais soudain il pâlit :
Lui rappelant les deux colombesdu grand lit,
L »oiseau du Saint-Esprit est sculpté dans la pierre !

Je dois mentionner, pour finir, que Delorme écrivit, sur des ombres en couleurs du très talentueux dessinateur
Charles Huart, une satire en vers : << Soirs de Province >> , dont je fus le récitant à la Maison du Rire, où ombres et poème obtinrent un éclatant succès. Le public sera désormais privé de cet exquis spectacle, un châtelain de province en ayant fait l »acquisition dès la fermeture de l »Exposition de 1900

aussi du même auteur :
La course au bonheur – Pièce en 3 actes et 23 tableaux
L »esprit montmartrois , la poésie au cabaret à montmartre – poésie

Source :
Montmartre et ses Chansons
POÈTES et CHANSONNIERS
PAR
Léon de BERCY 

Il travailla aussi pour le journal Cocorico

Textes :
Alfred Capus, Léon Hennique, Jérôme Doucet, Franc Nohain, Jules Renard, Hugues Delorme, R. Lesens, George Auriol.

Illustrations :
de Fontanez, A. Cossard, Paul Gervais, L.Popineau, Arthur Michaël, Kupka, Roubille.

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Revue COCORICO n° 20 du 20 Septembre 1899

16 pages 24x30cm, couverture n&b, illust. n&b,agrafage solide, couverture solidaire de la revue, papier jauni, revue complète.

Illustrateurs:
J. Wely: couverture et double page centrale
Mucha: (en-tête Cocorico 9x8cm),
Benjamin Rabier: dessin humoristique 17x5cm
Popineau (pleine page)
Godefroy (10x14cm, pub pour une affiche sur le Cabaret/café Maillard à Béthune),
Jeanniot (pleine page-« l »Automne »)
Roubille, Textes :
Ferdinand Bloch, Maurice Donnay, Jean Goudezki, Jules Renard, Tristan Bernard, Edmond Char, Georges Auriol, Georges Courteline, Hugues Delorme .

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22 -20 novembre 1899 Illustrations :
Hermann Paul, Rault, Roubille, Jacques Villon, Jules Chéret, Louis Bombled, Ricardo Flores, A.Cossard Textes :
Hyspa, Bill Sharp, Hugues Delorme, Alphonse Allais, Tristan Bernard, Gustave Berny, Gabriel de Lautrec, Willy, Georges Delaw, Armand Masson, Paul Gavault, Armand Sylvestre, Georges Courteline.

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Illustrations :

Jacques Villon (pleine page)- Arthur Michael sur double page (le yule log) et sur pleine page (les vieux marcheurs) A Cossard (pleine page couleurs illustrant un poème de Edmond Char)- Fritz Endel (bois original).
Couverture illustrée par une reproduction d »une sculpture de Giambaldi Numéro spécial Noël 1901
Textes: Hugues Delorme, Louis Marsolleau, Jean Puget, Edmond Rostang, Paul Arène, Franc-Nohain,

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