Ballade Champenoise

Saudoy et le vigneron pilleur de site archéologique

La bonne foi, la méconnaissance de la loi, un destin contrarié d’archéologue, sa volonté de céder son butin au musée d’épernay (Marne)!  Tous ces arguments de défense, lors de l’audience du 29 juillet dernier, n’auront donc pas convaincu les juges du tribunal correctionnel de Meaux, en Seine-et-Marne.

Luc Bourmault, viticulteur à Saudoy, près de Sézanne, dans le sud-ouest de la Marne, et son épouse de 58 ans, ont été condamnés, hier, pour exécution de fouilles archéologiques sans autorisation, détention de biens culturels et vente de découvertes archéologiques. Sa collection de 2 321 objets anciens saisie à son domicile (pièces de monnaie, poteries, bijoux, fers de lance, etc.) est confisquée et mise à la disposition du ministère de la Culture. Ces objets se seraient monnayés près de 200 000 € auprès de collectionneurs.

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C’est d’ailleurs quasiment le montant de l’amende douanière à laquelle Luc Bourmault a été condamné hier : 197 235 €. Des repérages par avion De plus, il écope de quatre mois de prison avec sursis, soit les peines requises par le substitut du procureur à l’audience. Son épouse a été condamnée à une amende pénale de 3 500 € pour complicité. Elle avait encaissé des chèques provenant de la vente de certaines pièces archéologiques.

C’est un contrôle douanier à La Ferté-sous-Jouarre, en Seine-et-Marne, le 5 février 2012, qui va stopper net des décennies de fouilles et d’appropriation. Ce jour-là, le tintement des 112 pièces de l’époque gallo-romaine retrouvées dans le véhicule sonne la fin d’une histoire de plus de 50 ans. Lors de l’audience, Luc Bourmault a indiqué qu’une partie de sa collection viendrait de son grand-père paternel qui lui aurait transmis le virus de la fouille archéologique.

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D’ailleurs, le viticulteur aurait souhaité suivre des études dans le domaine plutôt que de se retrouver dans les vignes. Des décennies plus tard, il repérait les lieux par avion avant de venir avec son détecteur de métaux pour mener ses fouilles dans notre département, mais aussi dans la Marne et en Seine-et-Marne, sans aucune autorisation des préfets mais avec celle des propriétaires fonciers, a-t-il précisé. Et sans déclarer ensuite les découvertes. Combien de lieux, d’objets ? Certains ont été vendus ou échangés…

Mais, selon un agenda du viticulteur retrouvé par les enquêteurs, rien que durant l’année 2000, il met au jour 654 objets. Avec cette saisie, 2 321 finiront dans un musée.

À la vue de tous et pas uniquement pour le privilège de quelques-uns.

29/07/2014

 

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